Mon âme écoute le trépas du crépuscule
Agenouillée sur la terre lointaine de la souffrance
Mon âme boit les plaies de la terre et du crépuscule
Et ressent encore en elle la pluie de ses larmes…
Et les étoiles des vies entièrement massacrées
Si semblables à des yeux disparus
Ce soir dans les vasques de mon cœur
Attendent dans leur désespoir la réanimation.
Et les fantômes de tous les morts, cette nuit,
Vont attendre l’aube de mes yeux et de mon âme,
Afin que pour assouvir la soif de leur vie
Tombe peut-être d’en haut sur eux une goutte de lumière.
SIAMANTO (1878-1915)
Traduction Louise Kiffer
source :
le journal ARAXE en arménien du 25 avril 1954
consacré à la commémoration du deuil d’Avril
Ce poème en arménien :
http://www.armenews.com/IMG/Araxe_25_04_1954.pdf
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mardi 13 mars 2012
mercredi 7 mars 2012
CHANT FUNEBRE
CHANT FUNEBRE
( Aha Modétsan mahvan jaméres
Al tchém imanar polor tsavéres...)
Voici que s’approchent les heures de ma mort,
Je ne ressens plus toutes mes douleurs,
Je me sépare de toi, ma charmante fleur,
Mais mes pauvres yeux ne cessent de te voir,
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.
Patiente un peu, ô mort terrible,
N’as-tu pas pitié de mon cœur douloureux ,
Patiente un peu que je tienne mon amour
Et après cela que je dorme tranquille.
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.
Quand je pense que dans un ou deux heures,
Vont me recouvrir, la terre et les vers,
Vont me percer, me perforer de tous côtés,
Mon tendre corps vont le sacrifier.
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.
Bedros TOURIAN (1851-1872)
(traduction Louise Kiffer)
Voir la vie du grand et malheureux poète Bedros Tourian dans netarménie :
avec deux de ses poèmes traduits par le Dr. B. Minassian http://www.netarmenie.com/culture/poesie/tourian.php
( Aha Modétsan mahvan jaméres
Al tchém imanar polor tsavéres...)
Voici que s’approchent les heures de ma mort,
Je ne ressens plus toutes mes douleurs,
Je me sépare de toi, ma charmante fleur,
Mais mes pauvres yeux ne cessent de te voir,
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.
Patiente un peu, ô mort terrible,
N’as-tu pas pitié de mon cœur douloureux ,
Patiente un peu que je tienne mon amour
Et après cela que je dorme tranquille.
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.
Quand je pense que dans un ou deux heures,
Vont me recouvrir, la terre et les vers,
Vont me percer, me perforer de tous côtés,
Mon tendre corps vont le sacrifier.
Comment me séparer, mon amour est si ardent
Mais c’est inutile, c’est Dieu qui est mon maître.
Bedros TOURIAN (1851-1872)
(traduction Louise Kiffer)
Voir la vie du grand et malheureux poète Bedros Tourian dans netarménie :
avec deux de ses poèmes traduits par le Dr. B. Minassian http://www.netarmenie.com/culture/poesie/tourian.php
samedi 3 mars 2012
"JE VOUDRAIS VOIR.."
Je voudrais voir quelle force au monde peut détruire cette race,
cette petite tribu de gens sans importance
dont l'histoire est terminée,
dont les guerres ont été perdues,
dont les structures se sont écroulées,
dont la littérature n'est plus lue,
la musique n'est pas écoutée,
et dont les prières ne sont pas exaucées.
Allez-y, détruisez l'Arménie !
Voyez si vous pouvez le faire.
Envoyez-les dans le désert.
Laissez-les sans pain ni eau.
Brûlez leurs maisons et leurs églises...
Voyez alors s'ils ne riront pas de nouveau,
voyez s'ils ne chanteront ni ne prieront de nouveau.
Car il suffirait que deux d'entre eux se
rencontrent, n'importe où dans le monde,
pour qu'ils créent une nouvelle Arménie. "
William Saroyan (1908-1981)
Traduction Louise Kiffer
Voir aussi de William Saroyan :
Le texte n° 104 : " L’Arménien et l’Arménien "
Et les n° 174 et 175 :
" Vers Bitlis avec William Saroyan "http://armenweb.org/espaces/louise
cette petite tribu de gens sans importance
dont l'histoire est terminée,
dont les guerres ont été perdues,
dont les structures se sont écroulées,
dont la littérature n'est plus lue,
la musique n'est pas écoutée,
et dont les prières ne sont pas exaucées.
Allez-y, détruisez l'Arménie !
Voyez si vous pouvez le faire.
Envoyez-les dans le désert.
Laissez-les sans pain ni eau.
Brûlez leurs maisons et leurs églises...
Voyez alors s'ils ne riront pas de nouveau,
voyez s'ils ne chanteront ni ne prieront de nouveau.
Car il suffirait que deux d'entre eux se
rencontrent, n'importe où dans le monde,
pour qu'ils créent une nouvelle Arménie. "
William Saroyan (1908-1981)
Traduction Louise Kiffer
Voir aussi de William Saroyan :
Le texte n° 104 : " L’Arménien et l’Arménien "
Et les n° 174 et 175 :
" Vers Bitlis avec William Saroyan "http://armenweb.org/espaces/louise
mardi 21 février 2012
LA VIE QUE J’AI VÉCUE
LA VIE QUE J’AI VÉCUE
Vie que j’ai vécue si confuse et longue
Chaque pas coûtait un immense effort,
L’homme était méchant et le ciel de pierre,
Les astres brillaient si loin ô si loin…
En tous lieux régnaient luttes et disputes :
Prétexte de pain, prétexte aux disputes ;
Le morceau de pain
Gisait au creux noir de l’arbre mensonge.
Et quand, à cet arbre, à son déploiement,
Le poison luisait sur tout son feuillage,
Et quoique l’écorce en fût ravinée,
le tronc cependant paraissait en vie.
Et seul respirer prouvait qu’on vécût…
De quelque façon que l’on suppliât
La réponse était le "non" et le "pas"
Le refus encore et la privation.
Se parler en soi était malséant
Comment vouliez-vous que parlât la bouche ?
L’image d’effroi frappait mes étais,
Le bois de mes murs semblait espionner.
Mais toute mon âme était de bonté
Le désir de vivre y vivait toujours
Et toute la foi
Demeurait fidèle au teint de mon sang.
Hamo SAHIAN Hmayak Sahaki Grigorian
Traduction Gérard Hékimian
Vie que j’ai vécue si confuse et longue
Chaque pas coûtait un immense effort,
L’homme était méchant et le ciel de pierre,
Les astres brillaient si loin ô si loin…
En tous lieux régnaient luttes et disputes :
Prétexte de pain, prétexte aux disputes ;
Le morceau de pain
Gisait au creux noir de l’arbre mensonge.
Et quand, à cet arbre, à son déploiement,
Le poison luisait sur tout son feuillage,
Et quoique l’écorce en fût ravinée,
le tronc cependant paraissait en vie.
Et seul respirer prouvait qu’on vécût…
De quelque façon que l’on suppliât
La réponse était le "non" et le "pas"
Le refus encore et la privation.
Se parler en soi était malséant
Comment vouliez-vous que parlât la bouche ?
L’image d’effroi frappait mes étais,
Le bois de mes murs semblait espionner.
Mais toute mon âme était de bonté
Le désir de vivre y vivait toujours
Et toute la foi
Demeurait fidèle au teint de mon sang.
Hamo SAHIAN Hmayak Sahaki Grigorian
Traduction Gérard Hékimian
samedi 11 février 2012
SANS FEU NI LIEU
ANDOUNI
sans feu ni lieu " de Komitas Vartabed
'Mon cœur ressemble à ces maisons en ruine
Poutres rompues, piliers mangés de fentes
Seuls les hiboux, les rapaces les hantent
Je vais me jeter dans l’onde violente
Et servir de pâture aux alevins
O toi maudit qui me mines !
J’ai vu la mer sombre et blanc le rivage
Ne s’y mêlaient pas les vagues sauvages
Qui voit à la mer deux pareils visages ?
Le cœur de l’errant qu’un chagrin ravage
Ah ! que jamais ne soit en deuil le cœur
O toi maudit qui me mines !
KOMITAS Vartabed (1869-1935)
(Soghomon Soghomonian)
(traduit de l’arménien par Léon Robel)
Ce poème figure dans l’anthologie de la poésie arménienne de Rouben Mélik,
dans la rubrique " Poésie antique et populaire "
Mais sans le nom de l’auteur : Komitas
C’est une chanson que chante aujourd’hui, entre autres,
Isabel Bayrakdarian
voir: http://www.youtube.com/watch?v=FX07K5XBSdchttp://www.youtube.com/watch?v=FX07K5XBSdc
Voir aussi : http://www.armenews.com/forums/edit.php?id=69052
au sujet de Léon Robel , traducteur méconnu :
http://www.librairiedialogues.fr/personne/leon-robel/83329/
Léon Robel est né à Paris en 1928. Professeur émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), il est aussi membre de l'Académie nationale Tchouvache, et membre du comité de la revue Europe ; slaviste, poéticien, traducteur et poète.
Récentes publications :
- Je traverse, poèmes, la Nouvelle Revue Française, 1992 -
Aïgui, monographie et traductions, collection Poètes d'aujourd'hui, Seghers 1993
- Histoire de la neige. La Russie dans la littérature française, Hattier 1994 - L'œil des champs. Anthologie de la poésie Tchouvache, Circé/Editions de l'Unesco 1994
- Lili Brik/Elsa Triolet : correspondance 1921-1970, établissement du texte, direction de traduction, introduction et notes, Gallimard 1999
- Ponts de Paris, illustrations de Nikolaï Dronikov, chez le peintre, 2001
- Aïgui, (en russe), éditions Agraf, Moscou 2002.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k129259w.rhttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k129259w.r
sans feu ni lieu " de Komitas Vartabed
'Mon cœur ressemble à ces maisons en ruine
Poutres rompues, piliers mangés de fentes
Seuls les hiboux, les rapaces les hantent
Je vais me jeter dans l’onde violente
Et servir de pâture aux alevins
O toi maudit qui me mines !
J’ai vu la mer sombre et blanc le rivage
Ne s’y mêlaient pas les vagues sauvages
Qui voit à la mer deux pareils visages ?
Le cœur de l’errant qu’un chagrin ravage
Ah ! que jamais ne soit en deuil le cœur
O toi maudit qui me mines !
KOMITAS Vartabed (1869-1935)
(Soghomon Soghomonian)
(traduit de l’arménien par Léon Robel)
Ce poème figure dans l’anthologie de la poésie arménienne de Rouben Mélik,
dans la rubrique " Poésie antique et populaire "
Mais sans le nom de l’auteur : Komitas
C’est une chanson que chante aujourd’hui, entre autres,
Isabel Bayrakdarian
voir: http://www.youtube.com/watch?v=FX07K5XBSdchttp://www.youtube.com/watch?v=FX07K5XBSdc
Voir aussi : http://www.armenews.com/forums/edit.php?id=69052
au sujet de Léon Robel , traducteur méconnu :
http://www.librairiedialogues.fr/personne/leon-robel/83329/
Léon Robel est né à Paris en 1928. Professeur émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO), il est aussi membre de l'Académie nationale Tchouvache, et membre du comité de la revue Europe ; slaviste, poéticien, traducteur et poète.
Récentes publications :
- Je traverse, poèmes, la Nouvelle Revue Française, 1992 -
Aïgui, monographie et traductions, collection Poètes d'aujourd'hui, Seghers 1993
- Histoire de la neige. La Russie dans la littérature française, Hattier 1994 - L'œil des champs. Anthologie de la poésie Tchouvache, Circé/Editions de l'Unesco 1994
- Lili Brik/Elsa Triolet : correspondance 1921-1970, établissement du texte, direction de traduction, introduction et notes, Gallimard 1999
- Ponts de Paris, illustrations de Nikolaï Dronikov, chez le peintre, 2001
- Aïgui, (en russe), éditions Agraf, Moscou 2002.http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k129259w.rhttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k129259w.r
dimanche 5 février 2012
LES DÉSHÉRITÉS
Ah ! notre cœur plein de soucis et de peines !
Nous n’avons vu ni jour ni soleil.
Hélas notre vie s’est passée en noir,
Nous n’avons rien connu de la vie.
Ils mangent et boivent les riches
A la table opulente de la vie
Nous sommes les bâtards de la terre
Pas de place pour nous dans l’univers.
Que le malheureux pauvre rende son âme,
Et qu’elle nourrisse la terre.
Qu’elle donne au riche son bon pain
Que le riche mange et en profite.
Que le malheureux pauvre goûte l’amertume
Qu’il s’assoie, démuni…
Et pourquoi moi n’ai-je que la pierre ?
Sur la pierre, monde de pierre…
Ah ! notre cœur plein de soucis et de peines !
Nous n’avons vu ni jour ni soleil.
Hélas notre vie s’est passée en noir,
Nous n’avons rien connu de la vie.
Avédik ISSAHAKIAN (1875 – 1957)
Traduction Louise Kiffer d’une vieille chanson arménienne
Nous n’avons vu ni jour ni soleil.
Hélas notre vie s’est passée en noir,
Nous n’avons rien connu de la vie.
Ils mangent et boivent les riches
A la table opulente de la vie
Nous sommes les bâtards de la terre
Pas de place pour nous dans l’univers.
Que le malheureux pauvre rende son âme,
Et qu’elle nourrisse la terre.
Qu’elle donne au riche son bon pain
Que le riche mange et en profite.
Que le malheureux pauvre goûte l’amertume
Qu’il s’assoie, démuni…
Et pourquoi moi n’ai-je que la pierre ?
Sur la pierre, monde de pierre…
Ah ! notre cœur plein de soucis et de peines !
Nous n’avons vu ni jour ni soleil.
Hélas notre vie s’est passée en noir,
Nous n’avons rien connu de la vie.
Avédik ISSAHAKIAN (1875 – 1957)
Traduction Louise Kiffer d’une vieille chanson arménienne
lundi 23 janvier 2012
AH ! COMME J 'AURAIS VOULU !
Ah ! Comme j'aurais voulu
Etre un simple soldat
Me battre sans arrêt contre tous les adversaire de l'Arménie
Sous les puissants remparts d'Ani !
Et rempli d'une vengeance de feu
Frapper pendant des siècles,
Frapper pendant des siècles,
Et avec d'innombrables blessures
Tomber sous les très hauts remparts
Le cœur tranquillisé, me reposer pour l'éternité
Sous les remparts immortels d'Ani !
Avédik ISSAHAKIAN
12 décembre 1955
Traduction Louise Kiffer
Etre un simple soldat
Me battre sans arrêt contre tous les adversaire de l'Arménie
Sous les puissants remparts d'Ani !
Et rempli d'une vengeance de feu
Frapper pendant des siècles,
Frapper pendant des siècles,
Et avec d'innombrables blessures
Tomber sous les très hauts remparts
Le cœur tranquillisé, me reposer pour l'éternité
Sous les remparts immortels d'Ani !
Avédik ISSAHAKIAN
12 décembre 1955
Traduction Louise Kiffer
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