MOI J’ AI AIME
Moi j'ai aimé, mais aucun
de ceux que j'ai aimés n'a su
combien je l'ai aimé…
Qui sait lire dans le cœur ?
Mes plus grandes joies,
Mes plus vifs chagrins,
ceux qui les ont inspirés, hélas,
ne me connaissent plus maintenant !
Mon amour, semble-t-il, était ce fleuve,
Dont le flot continu,
Venait des neiges de la montagne,
Et que la montagne n'a pas vu.
Mon amour était, semble-t-il, cette porte
Par où personne n'est entré.
Couvert de fleurs,
Mon amour était un jardin secret.
Et si certains ont vu mon amour
Dans le ciel infini,
Ils l'ont vu comme une fumée,
mais n'en ont pas vu le feu…
……………………………….
Moi j'ai aimé, mais aucun
de ceux que j'ai aimés n'a su
combien je l'ai aimé…
Qui sait lire dans le cœur ?
Vahan TEKEYAN (1878-1945)
Traduction Louise Kiffer
Rechercher dans ce blog
Affichage des articles dont le libellé est Vahan TEKEYAN (1878-1945). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vahan TEKEYAN (1878-1945). Afficher tous les articles
jeudi 8 décembre 2011
dimanche 13 novembre 2011
AUX ORPHELINS DE CORFOU
O Corfou, dans l’anneau de ton charme,
Tu me tiens et m’emmènes…
O toi, jardin jeté sur les eaux,
Tu berces et berces mon cœur avec le mouvement de tes flots !
O combien t’ont choyée, embrassée, les vagues,
Combien de creux ont-elles faites
Dans tes rives…T’abandonnant à elles,
Comme tu es restée fraîche et propre… !
De tes vallées
Et des flans rocheux de tes collines,
Combien d’oliviers, avec des bras ouverts,
Doux, apaisants, descendent jusqu’à la mer…
Tes orangers épais, ombre parfumée,
Recouvrent les plaines,
Tandis que ton ciel nocturne, si pur,
Est une forêt obscure constellée d’oranges…
Qu’il était bon, Corfou, d’oublier dans tes bras
Présent et passé…
Au-dessous de ton azur, au-dessus de ton azur,
Etre comme un arbrisseau, immobile et léger… !
Mais voici que des yeux anxieux, affligés
S’allument, s’éteignent…
Et moi j’avais oublié que la mer a traîné et apporté
Aussi jusqu’ici un enfer de douleur…
O Corfou, l’anneau de ton charme, soudain,
Je le trouve brisé…
Berceau jeté sur les flots,
Berce, toi, berce les cœurs des enfants arméniens…
Vahan TEKEYAN (1878-1945)
Traduction Louise Kiffer
Tu me tiens et m’emmènes…
O toi, jardin jeté sur les eaux,
Tu berces et berces mon cœur avec le mouvement de tes flots !
O combien t’ont choyée, embrassée, les vagues,
Combien de creux ont-elles faites
Dans tes rives…T’abandonnant à elles,
Comme tu es restée fraîche et propre… !
De tes vallées
Et des flans rocheux de tes collines,
Combien d’oliviers, avec des bras ouverts,
Doux, apaisants, descendent jusqu’à la mer…
Tes orangers épais, ombre parfumée,
Recouvrent les plaines,
Tandis que ton ciel nocturne, si pur,
Est une forêt obscure constellée d’oranges…
Qu’il était bon, Corfou, d’oublier dans tes bras
Présent et passé…
Au-dessous de ton azur, au-dessus de ton azur,
Etre comme un arbrisseau, immobile et léger… !
Mais voici que des yeux anxieux, affligés
S’allument, s’éteignent…
Et moi j’avais oublié que la mer a traîné et apporté
Aussi jusqu’ici un enfer de douleur…
O Corfou, l’anneau de ton charme, soudain,
Je le trouve brisé…
Berceau jeté sur les flots,
Berce, toi, berce les cœurs des enfants arméniens…
Vahan TEKEYAN (1878-1945)
Traduction Louise Kiffer
Inscription à :
Articles (Atom)